Et dePuiS VoUs, ce TeMpS qUi FilE ..

La vitesse a furieusement augmenté depuis que vous êtes là tous les trois, nous entraînant avec vous dans l’enchaînement rythmé des gestes du quotidien.

Cadence journalière qui effraie un peu parfois la maman que je suis, ayant tantôt le sentiment de n’avoir pas assez de temps à moi, tantôt pas assez de temps pour vous, ou pour chacun de vous, ou encore assez de moments « à deux »… Ces minutes qui dansent nous poussent à la fois à potentialiser chaque seconde, avec pleine conscience que celle-ci est passée et que l’instant d’après sera totalement différent.
Ces moments difficiles aussi parfois quand nos nuits sont hachées menues, si vite oubliés dans le bonheur de vous voir grandir.

Cette nostalgie que seul un parent perçoit, ces sentiments adverses: balancés entre l’émerveillement de vous voir évoluer, pressés de savoir « comment vous serez après », tandis que le cœur se serre et la gorge se noue de percevoir la fugacité de cette petite enfance.

Et toujours toujours, danser dans les vagues

Moments précieux

L’allaitement, cette aventure

Image parBruno Glätsch de Pixabay

Pour ma grande: « Mais tu vas l’allaiter longtemps? » Me disait-on. Au final… 2 ans et demi et beaucoup de regards interrogateurs ou de grands yeux écarquillés quand je dis la durée de mon premier allaitement. Notamment à la naissance des jumeaux: « ah c’est vous qui avez allaité deux ans et demi?!! » l’étiquette!!!

Pour les twins: « Vous les allaitez?! Des jumeaux?! » oui oui bien sûr.. et ça me paraît tellement plus simple que de prévoir le stock de poudre/biberons/et l’enchainement des vaisselles! Alors je passe pour une wonderwoman aux yeux des autres… et moi j’ai plutôt vraiment l’impression de choisir la solution de facilité !! Et puis, et puis, chacune est libre surtout de faire au feeling pour elle et bébé encore une fois.

A force de passer pour un ovni auprès des gens j’en suis venue à m’interroger sur l’allaitement, pour constater qu’au final d’après les dernières études de l’OMS nous ne sommes en France plus « que » 20% à allaiter nos enfants à 6 mois, et 5% à 1 an. Pas de jugement aucun dans mon propos, juste un partage d’expérience et une envie de comprendre et encourager chacune.

Pour ma première expérience de l’allaitement , ne connaissant pas le contact je me disais « on verra bien ». Et puis Elle est arrivée, et j’ai eu envie de m’accrocher, sans me fixer d’objectif de temps mais juste en laissant les choses se faire.

Au départ et encore aujourd’hui après en avoir parlé avec quelques amies qui ont abandonné assez vite , mon sentiment reste que nous sommes très peu informées lors du séjour à la maternité, très mal encouragées, avec l’impression que même les sages femmes prennent le sujet avec des pincettes ou bien ne sont pas au fait de tous les freins possibles à l’allaitement. Notamment les freins mécaniques de langue ou de lèvre qui peuvent etre mal diagnostiqués et poser réellement souci pour maman ou bébé par la suite. J’y reviendrai lors d’un prochain article, car pour l’allaitement de mes jumeaux ce point a été essentiel.

J’ai eu la chance inouïe d’être très soutenue par mon mari et mes proches dans cette aventure. Sur le sujet alliaitement/papa certains nous taquinent d’ailleurs: « papa est tranquille comme ça! »… En fait loin de là, il m’épaule dans tout le reste de la vie quotidienne, et c’est un énorme soutien car il mesure à quel point cela me tient à coeur et est primordial pour moi quant au développement des enfants et à ce que je pense leur apporter. Même si je sais bien que cet allaitement parfois est vécu de façon compliquée par les papas qui ne trouvent pas forcément leur place immédiatement, comme ce le fut pour notre première.

Il est là et bien là et a pleinement sa place à mes cotés.

Ce contact, la proximité durant les premiers mois de vie, construire cette solidité affective nécessaire pour qu’ils affrontent la vie, et les bienfaits du lait maternel sur le plan nutritionnel et de l’immunité, nous ont convaincus ensemble de retenter l’aventure avec les jumeaux. La prématurité aussi -bien sûr- n’a fait que m’encourager à leur donner le plus possible de lait maternel.

J’ai eu la chance aussi d’avoir pu bénéficier dans les premières semaine de l’aide d’une chouette sage-femme consultante en lactation. Et de beaucoup BEAUCOUP me documenter et me rassurer. Ce qui m’a permis par la suite de trouver mon équilibre et cette vraie relation privilégiée et unique avec bébé.

J’ai ainsi pu allaiter exclusivement jusqu’aux six mois de ma premiere et à la diversification; ayant repris à ses 3 mois je tirais mon lait en maintenant les tétées du matin et du soir, et les tétées à la demande le week end. Ce qui m’a permis de fournir nounou pour les compléments de repas et les gouters jusqu’à ce qu’elle n’ait plus l’envie de lait maternel en journée (vers un an et demi-deux ans).

Pour elle l’arrêt de l’allaitement a été un peu compliqué: le besoin de récupérer mon corps, et de ne plus me sentir « son doudou » , comme « objetisée », à un moment donné. Et puis je sentais que pour elle c’était malgré tout le moment, elle pouvait se passer du sein car elle le faisait déjà quand nous n’étions pas à la maison.

Au départ je lui ai expliqué, rien n’y faisait, des pleurs, des cris, difficile à vivre pour elle et moi. Je cédais. Avec l’aide de papa qui voyait que ses pleurs me fendaient le coeur et qui a mis en place une « récompense »: si elle ne tétait pas pendant une semaine elle irait avec lui acheter un nouveau doudou. Elle a dit oui. Elle a tenu. En même temps un nouveau rituel du soir s’est installé. Histoire. Calin. Les petits mots du soir « je t’aime jusqu’à la lune »…

Ça a été terminé. Elle n’a plus jamais demandé le sein. Une étape franchie et en même temps ce sentiment étrange de voir grandir son enfant et cette petite émotion nostalgique. Ce noeud dans la gorge de ne plus voir son visage s’apaiser contre moi, le nez enfoui dans le sein, en me rappelant la première image que j’avais eue à sa naissance: ce petit oisillon qui cherchait , les yeux à peine ouverts, l’areole et ce contact rassurant en grattouillant ma peau de ses petites mains et en se débattant, encore un peu gauche de ce corps à peine né et encore blanchi de vernix , ce petit être qui avait tout à découvrir… cet instant , cette rencontre, m’émeut encore tant il résonne en moi et est plein de sens.

Tout naturellement donc, et avec les jumeaux désormais … Bientot 8 mois d’allaitement, 6 mois exclusifs, début de diversification, et reprise du travail à leurs 7 mois. Un nouveau tire-lait double qui e permet de gagner enormément de temps et de confort, pour pouvoir fournir à leur nounou les biberons du midi et du gouter. Reprise du travail sur 4 jours. Et allaitement à la demande quand je suis avec eux.

Chacun sa personnalité, chacun ses gestes: l’un qui se presse, s’énerve et escalade ou tambourine mon ventre avec ses pieds tandis que son visage s’agite dans tous les sens et cherche à têter avec frénésie mon front, ma joue, mon pull jusqu’à trouver le sein et le serrer dans ses deux mains comme un trésor, pour vite achever et retourner découvrir le monde. L’autre, qui patiemment pose sa paume ouverte sur le sein, détendu, plongeant ses grands yeux doux dans les miens et me donnant cette sensation de suspendre le temps, ce sentiment à cet instant d’être son monde, son univers.

Le rythme est donc bien installé et l’aventure continue, mon objectif était au départ de « pouvoir allaiter des jumeaux », puis « au moins six mois » … et cette fois, « au moins jusqu’à leurs un an et ne pas leur donner de lait artificiel en poudre ». Chaque étape franchie me rappelle les semaines que j’ai grapillées une à une lors de cette grossesse gémellaire, je vous raconterai prochainement ce vécu dans un nouvel article 😉

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La maternité: ce qu’on ne m’a pas dit, ou que j’ai appris ensuite, ou découvert sur le tas

« J’aurais aimé qu’on me dise » « J’aurais aimé qu’on me prévienne », en parlant après à d’autres femmes/amies/mamans, on se rend compte que toutes on a dû penser ou dire cette phrase

image pixabay

QU’AU DEPART pleine de certitudes, on apprend en fait au rythme de bébé et on remet en question nos jugements initiaux, en permanence, et toujours. Qu’on s’adapte à LUI, et qu’ensuite seulement il arrive à s’adapter à nous

QU’AU DEPART l’allaitement n’est pas SI simple: la montée de lait tardive parfois et souvent pour un premier bébé, douloureuse aussi chez certaines, les hormones qui s’en mêlent, le parfois trop-de-monde-et-de-visites qui épuisent et empêchent d’avoir un moment privilégié avec bébé, pour le nourrir , pour profiter, pour découvrir ce nouveau sentiment d’être « une famille ». Et puis cette soif intense que je n’ai ressenti qu’en allaitant, et cette faim

QUE surgirait cette sensation depuis la grossesse que du bien être de mon corps dépend le bien être de cet autre petit être. Ce sentiment de « passer en second dans son propre corps », de ne plus être la priorité.

QUE la douleur de ne plus pouvoir s’asseoir/marcher/porter peut durer des semaines. Que l’accouchement n’est pas toujours le plus beau jour.

QU’AU DEPART la fusion avec bébé peut très fortement isoler le papa qui peut se sentir extrêmement frustré et avoir du mal à faire sa place

QUE QUASI TOUTE LA PREMIERE ANNEE L’arrivée de bébé bousculerait ma vie et mon couple entier, mes repères, mes principes, mes certitudes

QUE MON CORPS subirait un remaniement tel que je n’avais jamais vécu, un RESET complet, une remise à zéro, que je devrais réapprendre à l’aimer ce nouveau corps de maman, à aimer ses failles et à en reprendre possession, après la douleur, après les efforts, et que cela pourrait durer des mois. Et qu’ensuite je l’aimerais ce corps de maman.

QUE PARFOIS il y aurait ce sentiment de dépendance extrême de mon bébé (puis MES bébés rebelote avec l’arrivée des jums!), de solitude ou d’incompréhension face à ses besoins qui ne seraient quasiment exclusivement tournés que vers moi. Mais après tout, on leur demande dans notre société actuelle rythmée et cadencée tout d’un coup d’être autonomes, après neuf mois de fusion complète à être bercé par les bruits de notre corps, neuf moi de « n’être-qu’un-avec-maman » il devrait complètement et subitement savoir se rassurer seul? Dormir seul? Etre rythmé?

QUE cette naissance chamboulerait notre relation avec nos proches, nos amis, remettrait en question la place de tous

QUE tout le monde irait de son conseil et que ça me donnerait un sentiment sourd de devenir louve, qu’un instinct bouillonnant presque animal se réveillerait en moi

Que je passerais mon temps à me demander si je fais bien les choses, et à chercher, lire, tester, chercher encore

Que désormais dans ma tête se bousculeraient des listes-de-choses-à-faire-et-à-penser

QUE j’apprendrais aussi à me connaître mieux qu’avant, que ma vision du monde changerait du tout au tout, que serais plus à l’écoute de chacun, et de mon intuition, que j’apprendrais à ME faire confiance que mon bonheur serait fait de si peu de choses désormais

Que je découvrirais à quel point les femmes sont incroyables de force et de ressources

Et que par tout ça , pour rien au monde je ne voudrais retourner en arrière ♡

Pour la petite histoire…

Comment tout a commencé…

D’aussi loin que je me souvienne cette idée d’écrire sourde et bourdonnante est venue dès lors que je suis devenue maman, le titre du blog tombant alors sous le sens.

Résonnance des questions et interrogations qui fusent de ce nouvel état de Maman, ce déferlement d’émotions et cette nouvelle responsabilité immense.

Qui suis-je?

  • Une maman de twins de 4 mois, et d’une grande de 4 ans
  • Une maman donc, mais pas que
  • Une femme active
  • Une femme qui a des rêves et des idéaux
  • Une femme ancrée dans le monde d’aujourd’hui, avec des convictions
  • Une gourmande
  • Une testeuse/ comparatrice/essayeuse !
  • Une « réfléchisseuse »- et un peu trop parfois

Ecrire pour partager, échanger, connecter

4 ans bientot de vie de maman, de lectures d’articles, d’arrachages de cheveux sur les couches, produits de soin, comparatifs et études en tous genres, de prise de conscience aussi du besoin de revenir aux choses simples, et de s’occuper de soi, parfois, de se décharger de ce flot de pensées incessantes et organisationnelles sur lesquelles désormais le nom de « charge mentale » a été posé.

4 ans aussi où j’ai pu constater moi même ou par le biais d’amies que certains thèmes de la vie de femme sont très peu abordés, combien de fois nous sommes nous dit « j’aurais bien aimé qu’on me prévienne de ceci/ qu’on me dise cela »

4 ans enfin d’acquisition d’une expérience, qui se renouvelle chaque jour et se modèle, constante adaptation et revisite de notre jugement, au gré des lectures et des discussions, au gré des partages…

— maternité, maman, vie quotidienne, blog, écriture