La maternité: ce qu’on ne m’a pas dit, ou que j’ai appris ensuite, ou découvert sur le tas

« J’aurais aimé qu’on me dise » « J’aurais aimé qu’on me prévienne », en parlant après à d’autres femmes/amies/mamans, on se rend compte que toutes on a dû penser ou dire cette phrase

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QU’AU DEPART pleine de certitudes, on apprend en fait au rythme de bébé et on remet en question nos jugements initiaux, en permanence, et toujours. Qu’on s’adapte à LUI, et qu’ensuite seulement il arrive à s’adapter à nous

QU’AU DEPART l’allaitement n’est pas SI simple: la montée de lait tardive parfois et souvent pour un premier bébé, douloureuse aussi chez certaines, les hormones qui s’en mêlent, le parfois trop-de-monde-et-de-visites qui épuisent et empêchent d’avoir un moment privilégié avec bébé, pour le nourrir , pour profiter, pour découvrir ce nouveau sentiment d’être « une famille ». Et puis cette soif intense que je n’ai ressenti qu’en allaitant, et cette faim

QUE surgirait cette sensation depuis la grossesse que du bien être de mon corps dépend le bien être de cet autre petit être. Ce sentiment de « passer en second dans son propre corps », de ne plus être la priorité.

QUE la douleur de ne plus pouvoir s’asseoir/marcher/porter peut durer des semaines. Que l’accouchement n’est pas toujours le plus beau jour.

QU’AU DEPART la fusion avec bébé peut très fortement isoler le papa qui peut se sentir extrêmement frustré et avoir du mal à faire sa place

QUE QUASI TOUTE LA PREMIERE ANNEE L’arrivée de bébé bousculerait ma vie et mon couple entier, mes repères, mes principes, mes certitudes

QUE MON CORPS subirait un remaniement tel que je n’avais jamais vécu, un RESET complet, une remise à zéro, que je devrais réapprendre à l’aimer ce nouveau corps de maman, à aimer ses failles et à en reprendre possession, après la douleur, après les efforts, et que cela pourrait durer des mois. Et qu’ensuite je l’aimerais ce corps de maman.

QUE PARFOIS il y aurait ce sentiment de dépendance extrême de mon bébé (puis MES bébés rebelote avec l’arrivée des jums!), de solitude ou d’incompréhension face à ses besoins qui ne seraient quasiment exclusivement tournés que vers moi. Mais après tout, on leur demande dans notre société actuelle rythmée et cadencée tout d’un coup d’être autonomes, après neuf mois de fusion complète à être bercé par les bruits de notre corps, neuf moi de « n’être-qu’un-avec-maman » il devrait complètement et subitement savoir se rassurer seul? Dormir seul? Etre rythmé?

QUE cette naissance chamboulerait notre relation avec nos proches, nos amis, remettrait en question la place de tous

QUE tout le monde irait de son conseil et que ça me donnerait un sentiment sourd de devenir louve, qu’un instinct bouillonnant presque animal se réveillerait en moi

Que je passerais mon temps à me demander si je fais bien les choses, et à chercher, lire, tester, chercher encore

Que désormais dans ma tête se bousculeraient des listes-de-choses-à-faire-et-à-penser

QUE j’apprendrais aussi à me connaître mieux qu’avant, que ma vision du monde changerait du tout au tout, que serais plus à l’écoute de chacun, et de mon intuition, que j’apprendrais à ME faire confiance que mon bonheur serait fait de si peu de choses désormais

Que je découvrirais à quel point les femmes sont incroyables de force et de ressources

Et que par tout ça , pour rien au monde je ne voudrais retourner en arrière ♡